Contribution à la géographie de la Gaule à l’époque de la 7ème campagne de César

D’après César, Plutarque, Dion Cassius et Srabon

I – CESAR :

Le texte des Commentaires sur la Guerre des Gaules (Commentarii de Bello Gallico ou Bellum Gallicum) abrégé en (BG) de Caius Julius Caesar constitue la base essentielle de nos connaissances.

On lit souvent qu’il ne faut pas se fier au récit de César ; les détracteurs du grand conquérant romain s’appuient en général sur l’opinion de Michel Rambaud : L’art de la déformation historique dans les commentaires de César, Paris 1966.

Nous reviendrons ultérieurement sur cette opinion et cet ouvrage. Notons simplement que l’auteur écrit lui même qu’il n’entend pas mettre en doute les descriptions de César, en particulier celles des sites géographiques de ses principales batailles. Ces descriptions sont d’une parfaite exactitude dans leur concision toute militaire. L’exemple le plus parlant est celui de Vésontio (BG 138). Elle est si parfaite que nul n’a jamais osé mettre en doute l’identification de Vésontio avec Besançon, “l’oppidum le plus grand de Séquanie, sa capitale”.

II – PLUTARQUE :

Nous disposons, par ailleurs, du texte de Plutarque, un historien grec qui écrivit, un peu plus d’un siècle après la mort du grand conquérant, une Vie de César, appréciée par tous les historiens modernes et qui fut traduite par Amyot et imitée par Pétrarque au XVI siècle. Plutarque comme Pétrarque et tous les savants de la Renaissance plaçaient tous Alésia en Séquanie, devenue pour la plus grande partie la Franche-Comté. Plutarque a disposé non seulement du texte de César, qu’il a parfaitement résumé, mais encore d’autres écrits sur la guerre des Gaules, en particulier ceux de Tite-Live, lesquels ne nous sont pas parvenus. A cette grande époque de tradition orale, Plutarque a pu aussi recueillir le témoignage des petits fils des combattants de la guerre des Gaules.

III – DION CASSIUS :

Nous disposons aussi de l’Histoire de Rome de cet historien grec, écrite après plus de deux siècles d’occupation romaine de la Gaule, à une époque où le souvenir de César pouvait être encore présent dans les mémoires, et les archives de Rome à peu près intactes. Dion Cassius disposait, bien sûr, des mêmes documents et témoignages que Plutarque avec, peut être, d’autres ouvrages écrits dans l’intervalle et qui ont disparus après lui. Ce sénateur de l’empire romain fut deux fois consul, gouverneur d’Afrique et gouverneur d’Asie. C’est l’empereur Alexandre Sévère lui-même qui lui demanda de rédiger l’histoire de Rome.

IV – STRABON :

Né à l’époque de César, mort peu après Auguste, le grand géographe grec Strabon nous a laissé un très important ouvrage sur la géographie de ce temps avec des renseignements sur la Gaule. Il conduit l’Allemand Ottfried Müller, qualifié par le Larousse du XIX siècle de “plus grand archéologue de son siècle”à propos de sa géographie de Strabon publiée en 1828, à placer, lui aussi, Alésia en Séquanie, non loin des sources de la Loue.

D’après la carte de Philippe Briet

Si l’on cherchait à déterminer l’emplacement exact d’Alésia au temps de César et que l’on arrive à mettre la main sur une carte de l’époque, le problème serait résolu. Dès lors, toute dicussion serait vaine.

Or, nous avons eu la chance de trouver en Ecosse, en 1987, une carte publiée en 1619 par le grand géographe du XVIIè siecle Philippe Briet, cette carte appelle à notre avis les commentaires suivants :

* P Briet indique ses sources : GALLIAE DIVISIO OCTAVIANA, or Octave était le fils adoptif de César et fut couronné empereur sous le nom d’Auguste. Il était donc comtemporain de la bataille d’Alésia et bien placé, semble-t-il, pour déterminer l’emplacement de ce site. Sa caution a donc une importance capitale.

* Toutes les grandes villes indiquées sur cette carte (Lutétia/Paris, Lugdunum/Lyon, Vesontio/Besançon) sont bien à leur place.

* Il y a une seule Alésia sur la carte et elle se trouve au pieds des Monts Jura et non à Alise Sainte Reine