La bataille préliminaire

Voilà des années qu’à la suite de Pierre et Marcel Jeandot, de Mr. de Mérona et beaucoup d’autres, notre Association refuse le dogme officiel d’Alise Sainte-Reine pour la localisation d’Alesia des Mandubiens et défend, avec de très forts arguments, le site d’Alesia-Salins les Bains dans le Jura, en Franche Comté. La même démarche se retrouve en Allemagne, pour l’emplacement du désastre de Varus, 45 ans après la bataille d’Alésia. Ce désastre romain n’est plus situé à Teutoburg, mais à Kalkriese près de Osnabrück. cet exemple sera à suivre pour Gergovie.

Pour bien faire comprendre la succession des évènements précédant la bataille d’Alésia, nous en présentons un rapide résumé :

En l’an 53 av. J.C. après 6 années de campagne, Jules César, considérant la Gaule comme pacifiée, retourne en Italie où il a d’autres soucis, d’ordre politique. Pourtant le feu couve toujours.

Pendant que les Légions tiennent leurs quartiers d’hiver (sans être regroupées) un jeune chef gaulois, Vercingétorix, arrive à soulever les Arvernes (Auvergne) et reçoit le commandement suprême gaulois aux dépens des Eduens déçus (Bibracte).

Tout commence par le massacre des Romains, fonctionnaires et marchands à Cenabum (Orléans)

César rentre alors précipitamment en Gaule par la Narbonnaise et surprens les Arvernes en franchissant les Cévennes malgré 1,80 m de neige. Il sème l’affolement et en profite pour regagner Vienne, capitale des Allobroges, où il retrouve sa cavalerie. De là il rejoint les Lingons (alliés) où se trouvent deux légions. Il reprend Cenabum et brûle la ville. Devant cette offensive de César, Vercingétorix adopte une nouvelle tactique, celle de la terre brûlée, pour affamer les légions romaines. Il accepte, cependant, de ne pas détruire Avaricum (Bourges) qui est facile à défendre. César l’assiège, édifie d’importants terrassements sur le seul côté accessible. Pourtant son armée souffre de la faim. Les Gaulois se défendent héroïquement et font l’admiration de César. Finalement la ville est prise, la population massacrée, mais César est ravitaillé.

Après quelques jours de repos, César marche sur Gergovie, centre du soulèvement. Là, pour la première fois, il subit un échec. Le soulèvement s’étend, César risque l’encerclement. La Province romaine elle-même est menacée : les Allobroges se fortifient le long du Rhône.

César rejoint Sens avec 6 légions et y retrouve Labiénus venant de Lutèce avec 4 légions. En tout il va rassembler 12 légions soit 60.000 hommes plus les auxiliaires. L’ensemble, renforcé par la cavalerie germaine (10.000 cavaliers plus leurs accompagnateurs) que César a eu la prudence et l’habileté de faire venir, prend la direction de la Province, c’est à dire les Allobroges.

Pour se rendre vers la Séquanie le meilleur choix est la ligne droite, soit Sens, Auxerre, Montbard, Dijon, Auxonne où il entre en Séquanie après avoir traversé les confins des territoires des Lingons. Une autre route est possible passant par Langres, mais elle est plus longue tout en aboutissant aussi en Séquanie. Bref nous savons que la frontière c’est la Saône et qu’il se trouve à ce moment là à 10.000 pas de Vercingétorix, soit 15 kms ; Or, entre Auxonne et Dole, il y a exactement cette distance, et c’est le seul endroit où l’on compte 15 kms entre la Saône et le Doubs.

Vercingétorix va le surprendre en disposant son infanterie sur trois camps, probablement sur la rive gauche du Doubs, et en le faisant attaquer par sa cavalerie. Mais César va, à son tour, le surprendre par la présence de la cavalerie germaine.